Dégradation rapide de la voirie / Amédé K. Kouakou (Ministre des Infrastructures) : ‘’Il y a eu un problème de conception de la route que nous allons corriger’’

Le ministre des Infrastructures Economiques, Amédé Koffi Kouakou, s’est rendu, hier, sur le tronçon Toumodi-Yamoussoukro de l’autoroute qui fait l’objet d’une réfection de la voirie.

Profitant de cette visite de chantier, il situé les responsabilités quant à la dégradation rapide des routes. Mettant en garde les entreprises ainsi que les contrôleurs des travaux.

Monsieur le ministre, quel est le sens de votre visite sur ces lieux ?

Nous avons décidé de venir regarder ce tronçon de route entre Toumodi et Yamoussoukro parce qu’il a été inauguré par le Chef de l’Etat en décembre 2013. Malheureusement, à partir d’Avril 2014, nous avons constaté des dégradations importantes.

Beaucoup de nos compatriotes qui empruntent cet axe ont vu l’état de dégradation avancée de ce tronçon. Le Chef de l’Etat et le Premier-ministre ont autorisé que ce tronçon, allant de Singrobo à Yamoussoukro, soit réhabilité. Mais que cette réhabilitation soit accentuée sur le tronçon Toumodi-Yamoussoukro qui est le plus dégradé.

Nous sommes là avec l’Agence de gestion des routes (Ndlr, Ageroute), qui est le maître d’ouvrage délégué et le Bnetd qui va contrôler les travaux avec le LBTP. La question que les Ivoiriens se posent tous est la suivante : qu’est-ce qui s’est passé pour que la route soit dans un état de dégradation aussi rapide dans la mesure où le premier tronçon de l’autoroute qui part d’Abidjan jusqu’à Singrobo, construit depuis les années 83 a duré et ce qui vient d’être terminé s’est beaucoup vite dégradé ?

Ce qu’on peut retenir, c’est qu’il y a eu un problème de conception de la route que nous allons corriger. Les pentes qui ont été faites sont plus faibles que celles qui ont été faites sur l’ancienne autoroute. Et il ne faut pas ignorer que lorsqu’on réalise des travaux, il y a des acteurs qui sont en face. Il y a l’entreprise d’une part et la mission de contrôle d’autre part.

Nous sommes donc là avec le Bnetd et le Lbtp pour dire à la mission de contrôle que ce qui s’est passé auparavant ne sera plus accepté par le Chef de l’Etat et le Premier-ministre.

Un soin particulier doit être apporté à l’ensemble des travaux qui vont être réalisés. Les travaux ont commencé. Je pense que d’ici six mois, les automobilistes, lorsqu’ils emprunteront le tronçon de Toumodi à Yamoussoukro, auront une autoroute d’une très grande qualité.

Qui paiera pour la réhabilitation ?

Je pense que les responsabilités sont partagées dans la mesure où lorsque les études ont été faites par l’Etat, il a sa part de responsabilité. En ce sens que l’Etat avait son maître d’ouvrage délégué et ses missions de contrôle sur le terrain. C’est des choses qu’il faut assumer et tirer les leçons pour aller de l’avant pour que ce genre de situation ne se reproduise plus sur les routes. Nous allons, en rapport avec le Premier-ministre, prendre des dispositions pour que les entreprises qui réaliseront des travaux avec des malformations ne puissent plus exercer dans notre pays.

Nous avons interrogé des automobilistes qui sont très en colère du fait qu’à peine les travaux réalisés, la route soit dégradée. Qu’avez-vous à leur dire ?

Le fait qu’ils soient en colère, c’est normal. Un tronçon de route inauguré qui se dégrade très rapidement, ce n’est pas normal. C’est pour cela que nous nous sommes déplacés sur le terrain avec l’AGEROUTE, le BNEPT, le LBTP et l’entreprise pour leur dire que ce qui s’est passé ne sera plus accepté par les Ivoiriens, le Chef de l’Etat et le Premier-ministre. Nous venons pour nous assurer que les travaux ont effectivement démarré, et soyez sûrs que je veillerai personnellement à la qualité des travaux. Je rassure les Ivoiriens pour cela.

C’est une mise en garde seulement pour SOROUBAT ?

C’est une mise en garde pour l’ensemble. Aussi bien la mission de contrôle que pour les entreprises. Mais soyez rassurés, ce que je dis est valable pour l’ensemble des entreprises qui travaillent sur le territoire national. Ce n’est plus acceptable que des entreprises prennent des travaux, il y a des missions de contrôles, on finit les routes et dans deux ans la route est partie. Nous sommes là pour veiller au grain de sorte que les travaux réalisés soient de qualité. La route va être réhabilitée et nos compatriotes vont rouler dans des conditions conformes■

Source : L'Expression

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