Après la suspension des auto-écoles : Le ministère engage la moralisation et l'assainissement du secteur - Des fondateurs menacent de saisir le Procureur

Le jeudi 2 novembre dernier, le ministre des Transports informait les usagers des auto-écoles ainsi que tous les potentiels candidats à l'obtention du permis de conduire que, conformément à la réglementation en vigueur, des sanctions ont été prises à l'encontre de certaines autoécoles pour défaut de salle d'enseignement.

Le communiqué signé du chef du département des Transports indique que sur rapport motivé de la direction générale des transports terrestres et de la circulation (DGTTC), 18 auto-écoles ont été suspendues de toute activité.

Il s'agit des auto-écoles Amitié Ivoiro-Suisse, CIBS, Deux montagnes, EFODER, Fanny 34, King, Lakota, Nancy, Phoenix, Port, Rigueur, Sainte Anne, Samaké, Sani, Sophonie, Star, Anoumabo et Miwa. Il est spécifié que la levée de leur suspension est conditionnée par l'acquisition et l'utilisation de salle d'enseignement adéquate.

Du côté du ministère des Transports, l'on fait remarquer que cette mesure s'inscrit dans un élan de moralisation et d'assainissement du secteur. C'est pour la circonstance, un ensemble de mesures qui seront prises ainsi que des actes forts.

Notamment, un appel d'offres pour la construction d'un centre d'examen moderne, la reforme pour une base de données uniques fiables et l'interdiction de fonctionner aux auto-écoles qui ne répondent pas aux normes minimales dont celle de disposer d'une salle d'enseignement.

L'objectif de la suspension consiste à les amener à se mettre en conformité avec les dispositions légales. Pour ce qui est de la matérialisation de l'effectivité de la sanction, ces 18 auto-écoles n'auront pas accès au registre des préinscriptions et inscriptions de candidats à l'obtention du permis de conduire.

C'est un communiqué, souligne-t-on, qui vise à prendre à témoin l'opinion nationale et internationale, et surtout, annoncer ainsi le lancement d'actions d'envergure. De sorte à mettre en œuvre le plan stratégique de sécurité routière adopté par le gouvernement.

Dans le milieu des professionnels des autoécoles, l'on relève que cette histoire de suspension est une forfaiture. Ils soutiennent que ceux qui ont pris la décision de suspension ne sont pas compétents pour le faire.

« Nous sommes régis par des textes qui sont clairs. D'abord, pour donner un agrément à un directeur d'auto-école, c'est un comité professionnel interministériel qui siège et statue sur tout dossier avant de dire si oui ou non le postulant est autorisé à diriger une auto-école dans une commune donnée. Mais, une seule personne ne peut pas se lever et décider de la suspension d'une autoécole.

A la vérité, ceux qui ont motivé cette décision ont lancé des courriers indiquant qu'ils siègeront le 16 novembre 2017 (NDLR : hier) en vue de délivrer de nouvelles autorisations. Ils suspendent donc certaines autoécoles pour user du prétexte qu'il y a de la place à combler.

La logique aurait voulu que les textes soient respectés. Il revient à la commission de convoquer le directeur de l'autoécole pour lui faire part des irrégularités observées et attendre de lui des explications. A l'issue desquelles une décision peut être prise.

Pour cela, nous les professionnels des autoécoles allons saisir le procureur de la république pour porter plainte contre ce qui relève, pour nous, d'une forfaiture », ont-ils prévenu.

Avant de poursuivre : « On ne peut pas dire que ces auto-écoles sont suspendues parce qu'elles n'ont pas de locaux. Il faut chercher à savoir quelles en sont les raisons surtout qu'elles ont obtenu leur agrément parce qu'elles respectaient les normes ».

Stéphane Beyniouah
Source : Le Jour Plus

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