Assainissement du secteur des transports terrestres : Voici l’origine de la fraude dans les auto-écoles

Le séminaire des promoteurs d’auto-écoles, les 30 et 31 juillet dernier, a mis en exergue l’une des plaies du transport terrestre qu’est l’attribution d’agréments d’habilitation des auto-écoles. Les réformes se poursuivent dans le secteur des transports.

Le ministre en charge de ce département a donné le ton avec la réforme du permis de conduire. Les transporteurs ont suivi avec la mise sur pied d’un Haut conseil des patronats des transporteurs de Côte d’Ivoire.

Du 30 au 31 juillet derniers, c’était au tour des promoteurs d’auto-écoles, qui se sont réunis en séminaire à Yamoussoukro, de prendre des résolutions en vue d’assainir leur milieu. Mais des inquiétudes demeurent quant à la mise en oeuvre effective des restructurations annoncées.

Cela, parce que certains problèmes auxquels l’environnement des auto-écoles en Côte d’Ivoire fait face actuellement, ont leur origine dans la structure en charge de la délivrance de l’agrément permettant à ces auto-écoles d’exercer. Il s’agit précisément de la Direction générale des transports et de la circulation.

En effet, c’est cette structure du ministère des Transports qui est chargée d’octroyer les autorisations aux individus désireux de créer une auto-école. Cela dit, elle s’assure au préalable que le demandeur de création d’auto-école remplit les conditions nécessaires et minimales avant de lui délivrer le code d’habilitation.

Une autorisation lui permettant d’exercer en tant qu’auto-école légalement constituée. Malheureusement, force est de constater que ce contrôle préalable ne s’exerce pas avec la rigueur qui s’impose. De sorte que, plusieurs auto-écoles habilitées en Côte d’Ivoire sont loin de disposer du matériel le plus standard qui soit, à savoir une voiture, en dehors des manuels pédagogiques.

Selon les chiffres du Centre de gestion intégré (Cgi), pour les 399 auto-écoles habilitées enregistrées au 30 juillet 2015, il n’y a que 73 véhicules qui ont été répertoriés comme matériel roulant. Soit 0,18 véhicule par auto-école. Ce qui donne une moyenne de 18% d’écoles bénéficiant d’un véhicule.

Et pourtant, au nombre des conditions à remplir pour être autorisé, figure en bonne place, «la justification de garanties minimales concernant les moyens de l’établissement: locaux, véhicules, moyens matériels et modalités d’organisation de la formation ».

Le Directeur général du Cgi, Ibrahima Koné, a déploré que sur ces 73 véhicules disponibles et affectés à la formation, il n’y ait que «3 véhicules de plus de 3,5 tonnes et 5 motos.». Il a expliqué également qu’ «en dépit de cette problématique, toutes les écoles sont habilitées à dispenser les cours pour toutes les catégories.»

M. Koné a regretté que ces dysfonctionnements entachent fortement la crédibilité de la Direction générale des transports et de la circulation. Il est évident que tant que le problème n’est pas résolu en amont, la tricherie et la fraude tant décriées dans ce secteur sont loin de trouver solution.

Elysée LATH
Le Sursaut

Partagez cet article