Assurance automobile: Une convention pour appliquer les tarifs réglementaires

Finie la guerre des prix au niveau de l’assurance automobile en Côte d’Ivoire ? On pourrait le croire, si l’on s’en tient aux engagements pris ce lundi 28 mai 2018, à la Direction générale du trésor et de la comptabilité publique (Dgtcp) par les sociétés d’assurances pratiquant la branche automobile en Côte d’Ivoire.

A travers une convention signée par les Directeurs généraux de ces sociétés à l’initiative de l’Association des sociétés d’assurance en Côte d’Ivoire ( Asa-Ci), en présence du directeur général du Trésor, M. Jacques Assahoré, les assureurs de la branche automobile ont en effet décidé de rompre avec la concurrence sur les prix qui affectait le dynamisme du sous-secteur, et de se conformer strictement à la réglementation qui impose des prix minimum.

« Chacun faisait ce qu’il voulait, c’était un peu l’anarchie. Désormais, les assureurs pratiquant la branche automobile, de façon solidaire, s’engagent à tourner le dos à la sous-tarification en assurance automobile, notamment sur la partie Rc (Responsabilité civile) à l’origine des difficultés rencontrées par certaines sociétés à régler rapidement les sinistres, difficultés à l’origine de la mauvaise réputation de ce sous-secteur», s’est réjoui M. Roger Boa Johnson, président de l’Association des sociétés d’assurance de Côte d’Ivoire (Asa-Ci).

C’était ce lundi à la salle des conférences de la Direction générale du trésor et de la comptabilité publique, à Abidjan-Plateau, à l’issue de la signature d’un texte formalisant cet engagement. La « Convention marché sur le respect du tarif responsabilité civile automobile » a été en effet signée par les sociétés d’assurances membres de l’Asa-Ci pratiquant la branche automobile, en présence de M. Assahoré Konan Jacques, Directeur général du Trésor et de la comptabilité publique de Côte d’Ivoire, tutelle du marché, du directeur de l’assurance, M. Karim Diarrassouba, et de diverses organisations du secteur.

«La convention que nous venons de signer est une première dans l’histoire de l’assurance dans notre pays. Nous prenons l’engagement d’appliquer rigoureusement les dispositions contenues dans cette convention, pour le bonheur de nos compagnies, du marché, de tous nos concitoyens et de l’écosystème de l’assurance automobile», s’est en outre félicité le président de l’Asa-Ci.

Le texte rappelle au bon souvenir des assureurs de la branche auto les textes réglementant le secteur, notamment un arrêté du 13 janvier 2003 fixant le tarif minimum de l’assurance Rc des véhicules terrestres moteurs, de leurs remorques et semi-remorques, et une circulaire prise le 23 mai courant par le Directeur général du Trésor en vue de faciliter l’application de l’arrêté susmentionné.

Il fait obligation aux sociétés d’assurance de respecter ces dispositions, sous peine de sanctions. A travers la convention, les assureurs eux-mêmes s’imposent des sanctions, outre celles prévues par la tutelle, celles-ci pouvant aller jusqu’au retrait d’agrément.

Les raisons évoquées par les assureurs auto pour ne pas respecter les tarifs en vigueur sont multiples. Au nombre de celles-ci, la complexité des dispositions relatives aux critères de tarification liés à la zone géographique, au statut socio-professionnel et aux caractéristiques du conducteur habituel ainsi qu’aux plafonds de bonification pour non sinistre. Vient ensuite, la concurrence acharnée entre sociétés d’assurance auto, dont certaines ont baissé les prix à leur guise, pour espérer capter le maximum de clients possibles.

Si des usagers ont cru trouver leur compte chez des assureurs pratiquant des prix bas, ils ont dû déchanter quand est survenu le sinistre, le règlement par l’assureur tardant à venir, ou ne venant jamais dans certains cas.

Si la convention signée ce lundi venait à être effectivement respectée, l’impact en serait réel à au moins deux niveaux : la réputation des assureurs mise à mal par l’assurance automobile « porte d’entrée dans le secteur des assurances pour le commun des mortels », selon le maître de cérémonie pourrait être préservée.

En partant du postulat que les tarifs étant bien appliqués, le règlement rapide et conséquent des sinistres suivrait. Deuxièmement, l’assurance automobile étant, selon les statistiques de l’Asa-Ci, la première branche du marché (40% du marché total des assurances en Côte d’Ivoire) avec un chiffre d’affaires global (Rc et autres risques liés à cette assurance) de 73 milliards de Fcfa, pour des sinistres payés s’élevant à 22,9 milliards de Fcfa en 2017, «son développement impactera automatiquement l’accroissement du chiffre d’affaires du marché et permettra de faire face aux engagements des sociétés d’assurance».

Valentin Mbougueng

Source: fratmat.info

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