Cocody, TreichVille, Yopougon... : Les «gbakas» augmentent les tarifs

Les usagers des véhicules de transport en commun appelés communément gbakas ne sont pas au bout de leurs peines. Et pour cause.

Depuis quelques semaines et sans informations préalables, les responsables des stations d’arrêt à la riviera 2 dans la commune de cocody, ont augmenté le tarif de la ligne riviéra 2-carrefour après- barrage, précisément au niveau du rond-point de la Riviera-palmeraie.

Ainsi, le tarif est passé de 100f.cfa à 200f.cfa. « même si tu descends tout près à Cap Nord ou au carrefour chevaux, c’est 200f.cfa tu paies! sinon, il faut commencer à marcher pour aller au travail... on ne prend plus 100f.cfa » a lancé un apprenti-chauffeur, hier matin aux environs de 7h, à un client au niveau de l’échangeur du pont de la Riviera 2 où s’étaient rangés, en file indienne, de nombreux gbakas.

A court d’argent, un infortuné usagé est descendu du véhicule et s’est mis à marcher en direction du supermarché Cap Nord, en longeant la voie express. Il était accompagné de dames qui ne supportaient pas cette augmentation clandestine du tarif de transport.

Renseignements pris, le tarif de 100f.cfa reste inchangé dans le sens après barrage-riviera 2. mais, les gnambros qui n’en ont cure, ont mis des brigades de surveillance de l’application de « cette mesure » illégale et impopulaire.

Les gbakas sont caillassés et les apprentis battus par des gnambros, excités comme des poux avec des gourdins, en cas de «violation de cette consigne» selon des témoignages. Autre lieu, même scénario. gare routière de bassam, à treichville. Côté station des gbakas et autres wôrô-wôrô qui jouxte la ruelle menant à la brigade de gendarmerie d’arras. « 300f.cfa Adjamé- liberté avec la monnaie», indique un apprenti-chauffeur qui hèle des jeunes filles.

Lasses d’attendre, celles-ci courent emprunter un autobus de la sotra de la ligne no 59(chu de treichville- gare nord adjamé) dont l’arrêt n’est pas loin de là. « Vieux père, on va se débrouiller avec ce bus-là qui passe aussi par liberté où on va. Avec un ticket moins cher de 200f.cfa, ça nous arrange beaucoup. l’essentiel, c’est d’arriver à destination », prétexte l’une d’elles auprès de leur compagnon, un adulte.

Approché, cet individu condamne cette surenchère des gnambros qui augmentent, au gré de leurs humeurs, le tarif de la gare de bassam à Adjamé-liberté, 200f.cfa habituellement. Retour à adjamé.

A la station des gbakas à destination de treichville, le tarif varie également selon l’affluence du moment. 200f.cfa, les jours pairs et 300f.cfa les jours impairs, selon les dires des gnambros. Dans un décor d’anarchie indescriptible.

Quant aux résidents de la commune de yopougon, ils paient 300f.cfa pour rejoindre le quartier niangon (nord ou sud) à bord d’un gbaka. « même si tu descends en cours de route, à siporex, au terminus de bus no 47 ou à port-bouët 2, il n’y a pas d’arrangement ! c’est au retour de niangon, tu peux payer 200f.cfa si tu descends à la sicogi, à la siporex et même 100f.cfa de Siporex à Adjamé », relève Amadou Traoré, un responsable syndical dit dougoutigui.

Pour qui, c’est le coût élevé des tarifs de chargement des passagers à la station total, à Adjamé-liberté, qui fait augmenter le tarif de niangon et exclue les réductions sur les trajets à l’aller.

Pour Edouard Gouamené, qui dénonce les tarifs pris sans une annonce officielle, les autorités compétentes doivent réglementer les différents tarifs des tronçons en uniformisant les prix, même si le transport est une activité libérale, et intensifier la sensibilisation des chauffeurs de gbaka sur l’excès de vitesse.

Didier Kéi
Notre Voie

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