Enlèvement de véhicules accidentés ou en panne sur les routes… Attention aux entreprises fictives de dépannage et de remorquage !

S’il y a une entreprise qui était connue jusque-là pour ses activités de dépannage et remorquage, c’est bien la Société abidjanaise de dépannage (Soad). Mais depuis quelques mois, elle n’est plus seule. Plusieurs autres entreprises qui évoluent dans ce domaine poussent comme des champignons.

DES ENTREPRISES SANS NOM !

« J’ai cherché ma voiture toute une journée… ».
Ce sont ces propos qui nous ont obligés à aller au coeur de cette activité qui, depuis plusieurs années, montre un caractère d’utilité publique. Seulement voilà, cette dame que nous avons rencontrée à Cocody St Jean le dimanche 25 octobre 2014, était très en colère. Et elle n’a pas manqué de le faire savoir :« Le samedi 24 octobre, je me rendais à Port-Bouët pour voir ma petite soeur qui venait de subir une opération. A mon retour aux environs de 17 heures, j’ai eu une panne au niveau la statue Akwaba. Quelques minutes après, un camion de remorquage est venu. J’ai tout de suite pensé à l’entreprise que tout le monde connaît. Ces personnes étaient au nombre de quatre. Ils m’ont fait remplir des papiers avant de remorquer ma voiture. Et l’un d’eux m’a dit de les retrouver à Yopougon. Une fois à Yopougon au siège de l’entreprise à laquelle je pensais, pas de voiture. J’étais dans tous mes états. C’est deux jours après que j’ai retrouvé ma voiture dans un garage à Adjamé… » Quant à Emile. K., inspecteur dans l’enseignement, il pense qu’il faut être prudent : « J’ai fait la même remarque. Il y a quelques années, c’était seulement la Soad qu’on connaissait. Mais aujourd’hui, les entreprises de remorquage se sont multipliées. Il suffit d’un moment d’inattention et vous vous retrouvez dans une situation où vous ne savez plus où donner de la tête.»

UN VÉHICULE DE DÉPANNAGE… EN PANNE !

Trois semaines après les confidences de cette dame, nous voilà devant une situation bien insolite à la montée du pont Félix Houphouët-Boigny à Treichville.

Un camion de remorquage venu dépanner un véhicule de type 4X4, est lui-même tombé en panne. Quand nous nous approchons pour en savoir davantage, nous voyons des employés tendus. Surtout quand nous leur demandons le nom de leur entreprise :
- « Monsieur, qu’est-ce que vous voulez ? C’est vous qui recensez les entreprises de remorquage à Abidjan ou quoi ? Nous, on n’a rien à vous dire. Allez-y voir notre patron… » se révolte l’un d’eux. Et quand nous lui demandons où est-ce que nous pouvons rencontrer le patron, la réponse est sèche :
- « Cherchez-le, vous allez le trouver !»

ÇA SENT LE DÉSORDRE !

Pour en savoir plus sur les autorisations de remorquage et dépannage délivrées aux nouvelles entreprises, nous rentrons en contact avec l’observatoire de la fluidité routière, l’autorité de tutelle. Là, une source nous fait savoir qu’il faut plutôt aller à la direction des transports. C’est elle qui s’en occupe, nous a-t-on fait entendre. Mais le mur de silence nous oblige à rentrer en contact avec une autre source au sein du ministère des Transports. Et lui de confier :
- « Cette affaire d’autorisation là, c’est souvent bizarre. Puisqu’ à un moment donné, il y avait des autorisations spéciales signées de la direction des transports terrestres… Mais il y a aussi des autorisations qui viennent d’ailleurs. Tout ça fait qu’on ne sait pas trop qui fait quoi…
Résultat : vous avez des entreprises de dépannage qui travaillent dans le flou.»

LA FRUSTRATION DU DIRECTEUR DE LA SOAD

Son entreprise a longtemps servi dans ce secteur. Même si à un moment donné, elle a été accusée à tort ou à raison de faire de la surenchère dans les tarifs liés au dépannage et au remorquage de véhicules. Aujourd’hui, avec la naissance de plusieurs entreprises, le directeur générale de la Soad pense que les choses ne sont pas en train de se faire dans les règles de l’art :
- « Les lois du marché public ne sont pas toujours respectées. Sinon comment comprendre que nous qui avons obtenu les lots 1, 6 et 7 après un appel d’offres lancé en 2001 avec autorisation d’enlever tout véhicule encombrant, accidenté ou en panne, puissions nous retrouver dans une concurrence déloyale. Cette situation s’explique par le fait qu’il y a des gens qui accordent des autorisations spéciales à des entreprises pour faire le même travail que nous.
Nous demandons à l’Observatoire de la fluidité routière de prendre ses responsabilités. C’est dommage que certains administrateurs signent des autorisations à des entreprises fictives qui remorquent les véhicules. Certains même se font passer pour la Soad… » En attendant que ce secteur soit véritablement assaini, on continue de dépanner et de remorquer des véhicules à Abidjan… Sans papier ! Et sans être inquiété !

Allo Police

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