Enquête express / Abidjan dans les embouteillages : Taxis, ‘‘woro woro’’ et ‘‘gbaka’’ au banc des accusés

Le trafic routier à Abidjan est perturbé par d’interminables embouteillages. Ce qui a un impact réel sur le quotidien taxis, woro woro et gbaka sont indexés.

Les voies d’Abidjan sont devenues des bouchons indescriptibles. Au carrefour ‘‘ancienne bâche bleue’’ à Marcory, dans un tintamarre de klaxons, les automobilistes tentent de passer de force au mépris des feux tricolores au niveau de l’échangeur. « C’est difficile pour nous de faire la recette du jour qui est de 30.000 Fcfa. Il y a toujours des embouteillages à ce niveau, le matin comme le soir. Il faut trouver une solution à ces bouchons », s’énerve un chauffeur de taxi.

Quand un autre automobiliste peste contre les feux tricolores. « Ces embouteillages sont provoqués par les feux tricolores. Cela n’existait pas avant, il faudrait qu’on revoit le temps imparti pour circuler de part et d’autre », propose-t-il.

Pour rallier le carrefour de l’ex-bâche bleue à Marcory au ‘‘carrefour la vie’’ à Cocody, il faut plus d’une heure de route, même en passant par le 3ème pont. Kobenan K., fonctionnaire, est sorti de chez lui à 7 heures du matin.

Le véhicule à bord duquel il a pris place pour retrouver son lieu de travail est coincé dans les embouteillages depuis plus d’une heure. « C’est un véritable enfer quotidien pour nous les travailleurs qui empruntons les véhicules ‘‘France au revoir’’. Ils tombent fréquemment en panne au milieu de la chaussée. Je suis à Angré, ça me prend pratiquement plus d’une heure pour arriver jusqu’ici. Je suis obligé de quitter très tôt la maison si je veux arriver au bureau à 7h30 », maugrée-t-il.

Aux carrefours des Deux Plateaux-Vallon, Deux Plateaux-Mobil, Williamsville, Solibra, Siporex, etc., la situation est loin d’être reluisante pour les automobilistes.

M. Yoro Noé, un usager, déplore la mauvaise conduite des chauffeurs de taxis et de ‘‘woro woro’’. « En pleine chaussée, ces chauffeurs stationnent pour prendre des clients sans se soucier des conséquences de leurs mauvaises manœuvres. Cela crée nécessairement des bouchons », soutient-il.

Et Berthé Ali, visiblement très remonté, de renchérir : « Malgré tous les efforts que nous faisons en quittant tôt nos domiciles, nous tombons toujours dans les embouteillages. C’est le fait des mauvais dépassements, des mauvais stationnements qui provoquent les accrochages et parfois des accidents graves », relève-t-il.

Le décor est le même au carrefour Williamsville à Adjamé. A ce grand carrefour, le désordre a un nom : les gbaka. L’inquiétude se lit sur les visages des passagers aux heures de pointe. Les nombreux usagers, eux, doivent se battre pour se faufiler entre les gbakas aux allures inquiétantes. Le tout dans un concert de klaxons.

La présence des policiers ne dissuadent pas les chauffeurs qui ont un seul leitmotiv : faire la recette journalière en quelques tours. « C’est le calvaire ici. Matin comme soir, il y a toujours des embouteillages », lâche un usager croisé au carrefour dit de la Siporex à Yopougon. Le stress est le lôt quotidien des piétons qui prennent le risque de traverser ce point chaud aux heures de pointe.

Les efforts du gouvernement visant à construire de nouvelles voiries s’avèrent vains face à l’indiscipline dont font preuve les chauffeurs de taxis, woro woro, de gros camions de sable et autres gbaka. Dans la capitale économique, les Abidjanais ne sont pas sortis de l’auberge.

Ismaël D. (Stagiaire)
Le Sursaut

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