EnquêtE-ExprEss - Nouvelle taxe de stationnement à Marcory : Les automobilistes grognent

‘’Ce n’est pas normal. C’est un abus’’, ce sont les propos tenus par Abass M., ce mardi, à une encablure du marché de Marcory, aux environs de 10 heures.

Cet opérateur économique venu rencontrer un client à l’intérieur du marché dit ne pas comprendre qu’à la sortie, il soit sommé de payer 200 F pour avoir stationné sur l’un des parkings du marché.

Quelques minutes après les complaintes, c’est autour de Jean Noël B. de déplorer l’application d’une mesure sans même informer les usagers. «J’ai garé et je suis sorti pour aller chercher ma femme qui est partie faire ses emplettes dans le marché. En moins de dix minutes, je suis sommé de débourser 200 F. C’est inadmissible », se lamente-t-il, tout en lançant des propos véhéments à l’endroit du maire de la commune.

La raison de cette colère ? Depuis le début du mois d’avril, à Marcory, le maire a institué une taxe de stationnement de 200 F en une heure sur certaines voies. Au-delà d’une heure, l’usager doit payer 100 F toutes les heures.

Ainsi, sur ces axes concernés, des pancartes affichent ‘’300 F le stationnement’’, même si sur le terrain, ce sont 200 F qui sont encaissés. La rue Chevalier de Clieu, en zone 3, la voie menant de la Pâtisserie Abidjanaise au siège de la Loterie nationale de Côte d’Ivoire (Lonaci) est concernée. Dans l’après-midi d’hier, c’est Louis Suamé qui crie son ras-le-bol.

Travaillant dans une entreprise non loin de cette rue, il est venu à la pharmacie acheter des médicaments pour sa fille hospitalisée. Mais grande fut sa surprise quand des jeunes lui demandent de débourser 200 F pour le stationnement. «La vie est déjà chère. Il faut mettre fin à de telles mesures inappropriées qui contribuent à appauvrir les populations», clame-t-il en colère.

La pâtisserie qui est implantée là dit commencer à perdre des clients. Car selon un employé, plusieurs clients ne comprennent pas qu’ils doivent débourser 200 F alors qu’ils sont venus acheter une baguette de pain à 150 F.

Esther Gueu fait partie des mécontents. «Je ne vais plus venir acheter mon pain à cet endroit à cause de cette taxe injuste», protestet-elle.

Les vendeurs de fruits de cette rue ne décolèrent pas eux aussi, parce que voyant leurs chiffres d’affaires diminuer. J.C. un commerçant de bananes, mangues, oranges… sur cette rue, est inquiet. «Nos clients se plaignent. Je sais que si rien n’est fait, ils vont venir ici de moins en moins», pronostique-t-il.

LA RÉACTION DE LA MAIRIE

Selon la directrice de la communication de la mairie, cette mesure n’a pas été prise au détriment des populations. «L’objectif de cet aménagement du domaine public n’est pas pour infliger une nouvelle taxe aux automobilistes qui viennent dans notre commune, mais plutôt pour éviter l’encombrement», a souligné marie Gisèle N’Guessan.

A l’en croire, le conseil municipal, à travers cette mesure veut atteindre son but de créer une commune chic. «Le tout gratuit n’est toujours pas profitable aux populations. Il faut parvenir à trouver le juste milieu de sorte à créer un environnement sain pour le bonheur des populations. C’est ce que veut le maire», a-t-elle clarifié.

S’agissant de la légalité de cette décision, la directrice de la communication est formelle. «Les délibérations de taxes sont une prérogative du conseil municipal qui peut décider d’aménager le domaine public. C’est en vertu de cette disposition que le maire a institué cette taxe pour éviter les encombrements sur la voie publique», a-telle fait savoir. Puis d’annoncer que les campagnes de communication vont se poursuivre.

Ahua K.
Autre Presse

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