Fluidité routière à Abidjan : Pourquoi ça coince malgré les feux tricolores ?

Les feux tricolores devraient faciliter la circulation aux différents carrefours et autres grandes artères d’Abidjan. Mais c’est avec regret que l’on constate le contraire, particulièrement aux heures de pointe. Pourquoi ce dysfonctionnement ? Les populations et usagers réagissent.

OUATTARA PÉNATCHILIGUÉ, comptable «LES USAGERS VEULENT FORCÉMENT PASSER à L’ORANGE»

Certains veulent forcément passer à l'orange et sont rattrapés par le rouge. Ils empêchent donc ceux qui sont au vert de l'autre côté de passer. Cela crée donc un bouchon. Les policiers aussi ne lais- sent pas les feux travailler correctement, alors ils foutent la rouille à ce niveau. A certains niveaux, c'est dû à l'état de la chaussée car il y a un ralentissement au niveau des feux tricolores. Le parc automobile ivoirien aussi s'agrandit extraordinairement au-delà des plans d'urbanisation.

CHRISTIAN GUÉHI, journaliste «LE NOMBRE CONSTANT DE VÉHICULES EST AUSSI UN PROBLEME à CES HEURES DE POINTE»

Lorsque les agents de la circulation prennent les carrefours pour améliorer la circulation, alors les feux n’existent plus. Le nombre constant de véhicule est aussi un problème à ces heures de pointe. Le cafouillage se crée parce que les feux ne sont pas respectés. Par- fois, la priorité est accordée au cortège présidentiel, qui très souvent après être passé, rend la reprise de la circulation très pénible.

TRAORÉ SEYDOU, commerçant «IL Y A TROP DE VÉHICULES POUR LES PETITES ROUTES DE LA VILLE»

C'est l'empressement pour les usagers qui sont des retardataires et aussi il y a trop de véhicules pour les petites routes dans la ville. Au lieu des routes, il faut des boulevards. Donc même au niveau du feu, ça coince, vu que le feu n'arrive pas à régler.

BAMBA DJÉNÉBA, sage-femme résidant à Bouaké «C’EST L’INCIVISME DES CONDUCTEURS»

C’est l’incivisme des conducteurs et aussi l’habitude des feux tricolores qui ne fonctionnaient pas. Il faut qu’une sensibilisation soit faite pour expliquer l’importance des feux, et un enseignement pour montrer comment utiliser les feux tricolores aux conducteurs d’engins à quatre roues, à deux roues et même aux piétons.

BABLY PIERRE, agent du district d'Abidjan «TOUT LE MONDE EST PRESSÉ DE RENTER à LA MAISON à L’HEURE»

Je pense qu’en principe, tout le monde rentre à la même heure et tout le monde est pressé de rentrer à la maison à l’heure. Ce qui fait que certains prennent la contre-allée et d’autres font des forcings. Mais en général, ce sont les chauffeurs de taxi et de gbaka, principalement les transporteurs, qui provoquent tout ça. Ce sont eux qui ne respectent pas les feux. Je pense qu’il faut la présence des forces de l’ordre à tous les points de feux tricolores, pour toute la circulation, mais aussi il faudrait que les communes s’impliquent. La police municipale doit intervenir dans les grands quartiers et dans les grands carrefours surtout. Il faudra donc que la police travaille avec la police municipale pour réglementer un peu la circulation.

KONÉ ADAMA, chauffeur «C’EST LE DÉSORDRE QUI ENGENDRE CELA»

C’est le désordre qui envoi tous ça. Aux heures de pointe, tout le monde est pressé, les chauffeurs sont pressés, c’est ce qui engendre tous ces disfonctionnement au niveau du feu. Tout le monde est pressé de partir et cela crée des disfonctionnements au niveau des feux. Par moments, on constate que la police essaie de régler la circulation mais cela créé des embouteillages monstres. Donc si on essaie d’être organisé un peu aux heures de pointe, il y aura un grand changement.

KONÉ YACOUBA, chauffeur «PLUS ON EST RAPIDE, PLUS ON GAGNE EN RECETTE»

D’abord, il y a le non-respect des feux. La plupart du temps, les embouteillages sont causés par les feux non respectés. En général, nous les chauffeurs, nous courons après les recettes. C’est aux heures de pointe que nous arrivons à nous rattraper car aux heures creuses, il n’y a as pas un grand nombre de passager. Ce qui fait que quand il y a un nombre énorme de passagers aux heures de pointe, nous nous disons que plus nous allons rapidement les déposer, plus nous gagnons en recette. Ce qui fait que souvent, nous ne respectons pas les feux parce que c’est le moment où nous les chauffeurs, nous devons nous rattraper.

TOURÉ ISSIAKA, agent commercial «LES USAGERS NE SE SOUCIENT PAS DU RESPECT DU CODE DE LA ROUTE»

Pour commencer, il faut dire que les usagers ne respectent pas les feux tricolores seulement parce qu'ils ne se soucient pas du respect du code de la route. Ensuite, il y a que durant les grèves intempestives et la crise post-électorale, les feux tricolores ont pris un sacré coup, ce qui nécessite une rééducation des usagers au respect et l'utilité de ces feux.

ALIMI SARRAH, gestionnaire «L’INDISCIPLINE DES USAGERS à NE PAS VOULOIR LAISSER PASSER SON VOISIN»

C’est l’indiscipline des chauffeurs, l’indiscipline des piétons. Tout le monde est pressé, personne ne veut laisser son voisin passer. Aux heures de pointe, nous savons qu’il y a l’affluence et du monde, et tout le monde veut passer au même moment. C’est ce qui crée tous ces bouchons.

TRAORÉ KIRIATOU, directrice générale d’entreprise résidant au Congo-Brazza «LES AUTOMOBILISTES NE RESPECTENT PAS CERTAINES RèGLES»

Juste que les automobilistes ne respectent pas certaines règles. Ils roulent en désordre, avec les dépassements qu’ils font. Souvent, aux heures de pointe, les feux tricolores ne marchent pas. Et les chauffeurs ne veulent pas respecter non plus le passage ; ce qui est la cause de ce dysfonctionnement. Les policiers eux aussi, censés aider à réguler la circulation, ne se font pas respecter par les conducteurs.

FATIOU BENNY, chauffeur «LES GENS NE RESPECTENT PAS LES FEUx TRICOLORES»

Ce qui envoie beaucoup d’embouteillages, c’est que les gens ne respectent pas les feux tricolores. Tous les chauffeurs et les usagers sont pressés de partir. Pourtant, quand le feu est rouge, nous devons tous patienter. Quand on voit le feu orange, nous devons savoir que le rouge arrivera, donc nous devons automatiquement ralentir. Si nous persistons à vouloir faire un dépassement rapide, cela peut occasionner des accidents ou des bouchons.

Propos recueillis par Cyrille GABA
Source : Magazine Indice Qualité

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