Gare internationale d’Adjamé : Le désespoir gagne les transporteurs

L’espoir s’amincit comme peau de chagrin. Chaque jour qui passe, achève de convaincre que la sortie de terre de la nouvelle gare routière internationale d’Adjamé, n’est pas pour demain.

Après la pose de la première pierre par le chef de l’Etat, Alassane Ouattara, il y’a deux ans, et le lancement des travaux par le ministre Gaoussou Touré une semaine avant les élections présidentielles de 2015, cette nouvelle gare, protégée par la forêt cantonnière du banco, n’a jusque-à pas vu le jour.

Pis, les tôles qui avaient servi à entourer les lieux se sont volatilisés. De fait, ce n’est que la broussaille qui est à ce jour perceptibles. Les bureaux de fortunes du constructeur ne sont à ce jour que l’ombre d’eux-mêmes. Les vigiles commis pour la surveillance des lieux ont regagné leur poste respectif.

Tout est mélangé. Rien ne bouge. Les transporteurs, visiblement, ont été roulés dans la farine. Eux qui s’étaient frottés les mains à l’occasion des deux cérémonies officielles consacrées à cette gare.

Seulement voilà, lors de la seconde cérémonie, celle relative au lancement effectif des travaux, les transporteurs n’avaient pas compris qu’à partir du moment où le chef de l’Etat avait officiellement procédé à la pose de la première pierre, point n’était plus besoin pour le ministre de revenir sur les mêmes lieux et faire autre chose.

Et ils devraient clairement le lui faire rémarquer. D’autant que, poser la première pierre suppose que tout est fin prêt, et que tout irait vite pour le bonheur des transporteurs.

Mais hélas! Rien n’était prêt. Et aujourd’hui, les transporteurs sont de plus en plus désillusionnés. «(…) Nous ne comprenons rien dans cette affaire de nouvelle gare internationale d’Adjamé. A deux reprises déjà, il y’a eu des cérémonies officielles autour de cette affaire et l’horizon est toujours sombre. Rien ne bouge. Tout est bloqué », note avec amertume un transporteur qui a requis l’anonymat.

Dans la même veine que lui, un autre intervenant s’est voulu plus amer : «(…) Nous sommes désillusionnés et très déçus. Alors qu’on croyait que cette gare allait nous soulager, on se rend compte que c’est plutôt un leurre », explique Salif Traoré, un acteur du transport terrestre d’Abobo.

Du coté des ferrailleurs qui ont vite fait les frais d’un déguerpissement, ils ne comprennent toujours pas les raisons de leur expulsion des lieux. «(…) Finalement, on ne sait pas pourquoi, nous avons été déguerpis de là bas. Car, jusque-là, rien n’est fait et les la broussaille s’est emparée des lieux. On a l’impression d’être dans une petite contrée et non dans la capitale économique de la Côte d’Ivoire qui aspire à l’émergence à l’horizon 2020. Gaoussou nous fait miroiter une gare ultra moderne avec des commodités pas possibles. On a espéré. On a cru. Mais, on commence à douter. Car les tôles de la clôture ont disparu. Preuve que la construction de cette gare rêvée n’est pas pour maintenant », fustige un déguerpi.

En somme, dans les gares routières, tout comme dans les conversations autour de cette nouvelle gare, les transporteurs décochent des fléchettes contre leur ministre de tutelle.

Koné Seydou
Le Nouveau Navire

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