Jacqueville : La nouvelle cible des bandits, après l’ouverture du pont

Outre ces données statistiques, trois autres cas ont été perpétrés dans la seule nuit du lundi à mardi 7 juillet. Les bandits ont cambriolé une pharmacie, la boutique du plus grand fournisseur de la ville et un atelier de couture.

Le département de Jacqueville est, depuis la mise en service du pont Philippe Yacé Grégoire, le 21 mars 2015, par le Président de la République Alassane Ouattara, confronté à une insécurité grandissante.

En effet, des bandits y ont trouvé une nouvelle destination pour opérer. Armés de pistolets, de fusils à canon scié, etc, ceux-ci s’attaquent régulièrement aux domiciles et boutiques de la ville, la journée comme la nuit, troublant la quiétude des populations. Les statistiques de la brigade de gendarmerie locale révèlent que du 21 mars au 31 mai 2015, il y a eu 24 cas de vol à main armée, accroissant ainsi l’indice d’insécurité du département.

Outre ces données statistiques, trois autres cas ont été perpétrés dans la seule nuit du lundi à mardi 7 juillet. Les bandits ont cambriolé une pharmacie, la boutique du plus grand fournisseur de la ville et un atelier de couture.

Selon le propriétaire de la pharmacie, Codo Berthé, quatre bandits vêtus de noir et armés, aux environs de 2h du matin, ont escaladé la clôture, fracassé les portes de son salon où elle s’y trouvait.

Après lui avoir donné un coup sur sa joue gauche, déplaçant sa mâchoire, ils ont minutieusement fouillé sa résidence et son officine, emporté trois ordinateurs portables, une tablette, trois téléphones portables et des bijoux de valeur, 141.000 Fcfa et l’ont ligotée avant de s’enfuir.

Elle confie que selon eux, ils étaient venus chercher 20 millions de Fcfa en sa possession.

Thiam Saliou, couturier à Jacqueville, raconte qu’aux environs de 2h30 du matin, cinq bandits armés de pistolets ont fait irruption dans son atelier, à la recherche de biens matériels. Deux de ses apprentis qui veillaient au travail, ont été ligotés par ces malfrats. Ils ont fouillé son magasin mais n’ont rien trouvé. Pour sa part, Ouédraogo Ousséini, commerçant, indique que ces quidams ont cambriolé sa boutique. Mais grâce aux travailleurs d’une boulangerie à proximité de sa boutique, ils n'ont rien n'emporter.

Le chef de cabinet de la mairie de Jacqueville, Eugène Diavatché, confirme que la résidence du maire Beugré Joachim, dans le village de Sassako, a été également visitée, le 1er juillet. Les bandits armés de pistolets et armes blanches ont blessé et ligoté le gardien, avant d’accéder à l’intérieur de la maison. Ils ont emporté 30.000 Fcfa, un vélo, un portable et des objets de valeur. Il a aussi indiqué que la résidence de Monseigneur Jean Sylvain a été la cible de ces voyous.

Selon le chef de cabinet,Jacqueville a toujours été une cité paisible où l’on pouvait dormir à la belle étoile. Malheureusement, avec l’ouverture du pont, les mesures de sécurité n’ont pas suivi, plongeant ainsi le département dans une insécurité totale. « Nous demandons à notre ministère de tutelle de faire diligence afin de sécuriser nos populations. Le maire a déjà introduit une demande auprès du ministère en vue de l’ouverture d’un commissariat », a-t-il plaidé.

L’ouverture d’un commissariat de police, une urgence

Le secrétaire général de préfecture, par ailleurs préfet du département par intérim, Kouakou Laurent, a fait savoir qu'il ne peut se passer une semaine sans qu’il n’y ait une agression. C’est pourquoi, dans l’urgence, il faut absolument ouvrir un commissariat de police qui travaillera en synergie avec la brigade de gendarmerie en vue de sécuriser les populations.

Selon le secrétaire général de préfecture, la brigade de gendarmerie n'ayant pas de véhicule pour effectuer les patrouilles, elle ne dresse aucun barrage de contrôle sur le pont de 18h à 6h du matin, facilitant ainsi les entrées et sorties en ville des bandits. « La résidence et le bureau du sous-préfet de Jacqueville, Berté Hafiza ont été cambriolés. Les travailleurs d’Arabe Contractor ont été également victimes et dépouillés de leurs biens et argent. Un éleveur a vu dix de ses bœufs enlevés nuitamment », a-t-il déploré.

Bellarmin Yao Kan
Correspondant régional
Source : fratmat.info

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