Les chauffeurs de taxis contre les forces spéciales à Yamoussoukro

Les chauffeurs de taxi ont promis de reprendre le travail aujourd’hui, après une journée de grève hier dans la capitale politique et administrative, où les populations ont été contraintes à la marche pour leurs diverses courses.

Les travailleurs ont été les plus malheureux, car après une difficile journée de labeur, ils ont été obligés de battre le pavé pour regagner leurs domiciles. Ce débrayage des chauffeurs de taxi est né d’une altercation avec un agent des forces spéciales, le samedi aux environs de 10 heures, au grand marché.

Selon les informations recueillies, il ressort que le chauffeur de taxi nommé Arsène Konan, dans sa quête de clients, aurait frôlé l’élément des forces spéciales en civil. Sans marquer un arrêt pour présenter ses excuses, encore moins s’enquérir de l’état du soldat. Rattrapé à la gare de Morofé, à quelque 500 mètres de là, le chauffeur va tout logiquement subir le courroux du militaire.

Entre temps, Arsène Konan réussit à alerter Yao Soumahoro, l’un des responsables d’un des syndicats de transporteurs. Son arrivée coïncide avec celui d’un renfort demandé à leur base située sur la route de Sinfra, par l’élément des forces spéciales. Le chauffeur et le syndicaliste sont roués de coups, avant d’être conduits au camp.

Selon les témoignages du chauffeur et de son responsable syndical, ils auraient encore été passés à tabac, avant d’être enfermés dans un conteneur. C’est le samedi soir qu’ils auraient été libérés pour regagner leurs domiciles. C’est donc en réaction à cette bastonnade que les chauffeurs ont décidé de marquer un arrêt de travail, par solidarité avec leurs collègues.

Sur la nationale A3, qui divise la ville en deux, des barricades dressées à l’aide de poubelles, casiers et même de taxis stationnés en travers de la chaussée pour empêcher toute circulation, étaient visibles. Le préfet de Yamoussoukro, Brou Kouamé, saisi de l’affaire, a reçu les grévistes avec l’appui des différents commandants de corps, notamment le colonel major Dosso Siaka, préfet de police, et ses commissaires, le capitaine Loba, Patron du groupement 2 de la Garde républicaine.

Au terme donc de cette médiation, les taximen ont promis de reprendre le travail dans les heures qui suivent. Mais jusqu’à 18 heures, au moment où nous mettions sous presse, aucun signe de reprise n’était visible à travers les rues de Yamoussoukro. Et selon des sources, c’est ce mardi que les chauffeurs de taxi, après concertation avec leurs bases, ont décidé de reprendre leurs activités.

N’DRI CÉLESTIN
Source : Fraternité Matin

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