Marché de l’automobile de luxe : La percée des véhicules chinois

Soumis initialement à un certain nombre de préjugés, les constructeurs automobiles chinois ont su rapidement faire valoir leurs atouts pour conquérir la clientèle ivoirienne. Retour sur les raisons de cette success story.

Les véhicules chinois ont fini par conquérir le cœur des Ivoiriens. Certains en seraient même surpris, tant ils entretenaient des préjugés quant à leur fiabilité. Fini donc les clichés ! Présentement, les véhicules chinois, forts de l’excellent niveau de technologie dont ils peuvent se prévaloir, rivalisent à tous points de vue avec leurs homologues occidentaux ou japonais. En effet, bon nombre d’équipements aux standards internationaux tels que les roues motrices, l’ABS, l’airbag, l’anti-démarrage, la climatisation, les lecteurs CD, etc., sont bien intégrés dans les fabrications chinoises. Sans compter les équipements de luxe comme les jantes alliage, la sellerie cuir, l’antibrouillard, le radar de recul et autres, proposés, pour beaucoup, en série sur les modèles présents dans les showrooms des concessionnaires. Autant d’atouts qui justifient en partie la remarquable progression des ventes dans le pays.

Des parts de marché en constante progression
C’est véritablement à partir de 2002 que l’industrie automobile chinoise a posé son empreinte sur le marché automobile ivoirien. A cette époque, si les véhicules issus de l’empire du Milieu étaient quasiment absents des statistiques des concessionnaires, le marché était occupé à 10% par les coréens, 33% par les japonais, 56% par les européennes et 1% par les véhicules d’autres origines. Mais il n’aura fallu que quelques années pour que les automobiles d’origine chinoise conquièrent le cœur des Ivoiriens. En 2010, elles atteignaient 8% de parts de marché, pendant que les coréennes étaient à 21%, contre 20% pour les européennes, 45% pour les japonaises et 6% pour les autres.

Lorsqu’on prend l’exemple du principal concessionnaire chinois, Rimco Motors, sa part de marché est passée de 1% en 2008 à 5,6% en 2009, pour atteindre les 7,9% en 2011. A cette période, le marché automobile ivoirien recense 6 480 véhicules neufs vendus, dont 518 chinois. Un an après, les données précisent une montée figurante des véhicules chinois pour atteindre les 16% de parts de marché en 2011. Soit le double en espace d’une année. Une telle évolution témoigne indéniablement de l’engouement des consommateurs ivoiriens à l’endroit des constructeurs chinois. Aujourd’hui, les adeptes sont toujours plus nombreux et se comptent parmi les particuliers, les entreprises, et même l’administration publique ivoirienne. Plusieurs données expliquent en effet cette progression en terre d’Eburnie.

Des arguments solides face à la concurrence
Présentement, les constructeurs automobiles chinois font jeu égal avec leurs homologues européens, japonais et coréens. En effet, on constate que dans tous les segments automobiles les modèles présentés par l’industrie chinoise sont tout à fait à la hauteur des normes et standards internationaux en matière de construction automobile. Ainsi, des berlines aux véhicules de transport en commun en passant par les SUV (Sport Utility Vehicules), les constructeurs chinois tels que Great Wall, Chana ou encore Yuejin proposent une large gamme de véhicules très adaptés et à la pointe de la technologie. Cette offre permet de répondre aux attentes aussi bien des particuliers que des entreprises – qui, pour certains, ont un souci de confort et d’image à préserver, quant d’autres cherchent à s’approprier des véhicules fiables et adaptés à leur besoin et bon marché. De plus, les industriels chinois ont réussi un passage très important lors de leur conquête du marché mondial de l’automobile.

Après 2007, les véhicules chinois ont réussi avec brio leurs passages aux « crash-tests » de l’Euro NCAP (European New Car Assessment Program) européens, qui sont des voies obligées pour autoriser la commercialisation des véhicules sur le continent européen. Ce qui fait que les chinoises présentent les mêmes niveaux de fiabilité, de confort et de sécurité que les véhicules européens, japonais, coréens et même américains. Au niveau des autocars, les constructeurs chinois sont aussi de plus en plus en passe de séduire les Ivoiriens grâce à une nouvelle gamme de véhicules beaucoup plus confortables et relativement luxueux. A bord, les passagers sont favorablement surpris par les standards esthétiques et les qualités techniques offerts, avec des écrans LCD, des sièges larges et maniables, etc. Ainsi, l’introduction de la marque Yutong Bus dans le paysage des transports en commun ivoirien est le signe d’un renouveau.

En témoigne l’une des plus grandes sociétés de transport du pays, l’Union des transporteurs de Bouaké (UTB), qui a décidé de relooker son parc en autocars Yutong. Et d’autres compagnies, des agences de voyage et des entreprises sont aussi en train de s’équiper avec des enseignes chinoises. Ceraines marques disponibles, telles que BYD, font un véritable tabac. C’est la beauté et la robustesse des véhicules ainsi que les commodités et le luxe offerts par l’industrie chinoise qui font la différence dans la catégorie des autocars. Au point que les constructeurs chinois représentent aujourd’hui un défi pour l’industrie allemande, depuis longtemps une référence, à l’instar de la marque Mercedes-Benz.

Le rapport qualité-prix fait la différence
Le pari que les constructeurs chinois sont en train de relever actuellement, c’est d’offrir de très bons véhicules avec toutes les commodités à prix très intéressants. Une visite chez l’un des concessionnaires de véhicules chinois en Côte d’Ivoire, Rimco Motors détenteur des marques Great Wall, Chana et Yuejin, en donne une idée nette. Les prix affichés sont particulièrement compétitifs. Ainsi, il est possible de s’offrir par exemple un véhicule 4x4 SUV avec des équipements de luxe pour un peu plus de dix millions de francs CFA. Ce qui est, pour ce segment automobile, une véritable opportunité comparativement à des marques européennes et américaines bien plus chères. Quant aux individus et entreprises pour qui les contraintes financières sont une réelle préoccupation, une gamme importante de véhicules est accessible à partir de cinq millions de FCFA. Et ce sont bien les constructeurs chinois qui offrent cette opportunité d’affaires aux Ivoiriens. Au vu de ce succès croissant, on peut être certain que l’automobile « made in china » a de beaux jours devant elle sur le territoire ivoirien.

Jean-Jacques Amond

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