Motos-taxis, responsables n°1 des accidents de la route

Si les motos rendent d'énormes services aux populations, il faut regretter qu'elles soient les premiers responsables des accidents de circulation dans le département de Bangolo.

Pour 2013, plus de 200 cas d'accident ont été enregistrés dans cette zone avec à la clé plus de 100 blessés et une dizaine de morts: «Je garde un mauvais souvenir des motos. Un jour, de retour d'Abidjan, j'ai emprunté une moto pour le village. En cours de route, nous avons fait un accident et j'ai eu une jambe fracturée. Depuis ce jour, j'ai dit adieu à la moto», nous a dit, amère, Séla Alice, une résidente du village de Béhoué-Zibiao.

«Je ne peux plus emprunter une seule moto pour voyager. L'un de ces jeunes a causé la mort d'une de mes sœurs au cours d'une collision avec une autre moto. Ça m'a tellement marqué que je suis actuellement affectée», renchérit, pour sa part, M. Georgette.

Car, ils sont nombreux à ne plus emprunter les motos, préférant se déplacer à pied. En effet, l'une des causes de nombreux accidents est la vitesse. «Regardez, si quelqu'un roule à 100km/heure sur ces pistes, c'est clair qu'en cas de chute, il y ait des catastrophes. Nous faisons ce que nous pouvons pour les sensibiliser à la réduction de la vitesse mais toujours c'est la même chose», s'est indigné un agent des forces de l'ordre.

L'autre danger responsable des accidents, c'est la méconnaissance des règles élémentaires du code de la route. «Ce sont des gens qui ont appris à conduire sur le tas. Aucun n'a appris réellement à conduire selon les règles de l’art. Dans ces cas, nous ne pouvons nous attendre qu'à ces résultats», s'est expliqué un homme politique de la région.

A ces éléments, l'on pourrait ajouter la surcharge. Car pour améliorer leurs gains, ces jeunes peuvent transporter trois à quatre personnes sur le même engin. Et bonjour les dégâts.

Mais il va falloir que les autorités, complètement dépassées, prennent le taureau par les cornes afin d'éviter la multiplication des drames humains.

D. S. GONTY
Tribune Ivoirienne

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