Non respect du code de la route et des règles de la circulation : Tous coupables !

Tout le monde est concerné par le non respect du code de la route et des règles de la circulation. Les propriétaires de véhicules de transport en commun, les chauffeurs eux-mêmes, les pouvoirs publics et l’Ivoirien lambda.

Pas un seul jour ne passe en Côte d’Ivoire sans qu’il ne soit déploré d’accident de la circulation, avec comme conséquences, des pertes en vies humaines. Sur l’autoroute du nord menant d’Abidjan à Yamoussoukro, de nombreux dégâts humains ont été enregistrés depuis la livraison de ce chef-d’œuvre, en décembre 2013.

Idem pour l’autoroute Abidjan-Bassam qui a été ouverte à la circulation, le 14 septembre dernier et qui a déjà enregistré deux graves accidents. Abidjan, la situation est encore plus critique. Chaque jour, des accidents de la route, d’une rare gravité, endeuillent les familles.

A l’origine de la plupart de ces accidents mortels, le non respect du code de la route et des règles de la circulation. Ceux qui sont les plus cités dans la survenue de ces accidents de la circulation sont les conducteurs de véhicules de transport en commun, à commencer par les ‘’Gbaka’’.

Ces véhicules qui exercent dans les communes d’Adjamé, d’Abobo, de Yopougon et d’Anyama créent la désolation dans la ville. Les chauffeurs de taxis communaux et inter-communaux, plus connus sous le nom de ‘’wôrô wôrô’’ et dans une moindre mesure, ceux des taxis compteur, ne sont pas en reste.

Leur indiscipline est généralement à la base de presque tous les accidents de la circulation causés à Abidjan. Sans aucun respect pour le code de la route, ils stationnent où ils veulent, à la recherche de clients et tournent partout, même quand les règles de la circulation le leur interdisent.

Les feux tricolores censés régler la circulation ne constituent guère une préoccupation pour eux. Les panneaux de signalisation ? Ils n’existent souvent plus. Par leur faute, ils ont été tous endommagé. Le plus important pour ces chauffeurs consiste à passer et à poursuivre leur course folle vers la recherche du gain.

Au rond-point de la mairie d’Abobo par exemple, les ‘’Gbaka’’ qui, venant d’Adjamé, veulent rebrousser chemin, après avoir descendu leurs passagers devant le lycée Saint-Joseph ne font plus le grand tour. Ils préfèrent faire le tour, juste aux feux tricolores. Une indiscipline qui fait prendre des risques aux usagers.

Sur l’autoroute menant d’Abobo à Adjamé, il n’existe plus de garde fous en aluminium que des personnes ont utilisés à des fins mercantiles. Des transporteurs en profitent pour tourner soit en direction d’Abobo soit d’Adjamé, au lieu d’aller faire la ronde à Anador, à la casse d’Abobo ou à Filtisac, devant l’Université Nangui Abrogoua.

Toute chose qui occasionne des accidents très graves. Le plus inquiétant, c’est qu’aucun mécanisme n’est mis en place pour les dissuader ou leur faire payer leur manque de civisme. A un policier qui réglait la circulation au carrefour de la Gendarmerie à Abobo, un usager n’a pas daigné s’arrêter.

Lorsque l’agent a haussé le ton, celui-ci a réagi de la sorte : « Tu vas me faire quoi? Quand nous étions au front, où étiez-vous ? ». Aussi frustrant que cela puisse paraître, de tels discours et comportements doivent disparaître, si l’on veut atteindre l’émergence à l’horizon 2020 dont il est question dans tous nos discours.

L’on ne peut viser un tel objectif et se taire sur d’aussi graves déviations. Car, l’émergence ne sera atteinte que s’il naît un Ivoirien nouveau. C’est aux pouvoirs publics de façonner l’Ivoirien nouveau.

Cet Ivoirien nouveau doit faire partie des autorités qui donnant elles-mêmes le bon exemple, appliquent les sanctions à la lettre, des policiers ou gendarmes qui refusent des prébendes pour retirer le permis à l’usager qui viole le code de la route ou de l’agent chargé de la visite technique qui refuse de se faire soudoyer parce que le véhicule n’est pas en bon état.

Car, le manque d’entretien des véhicules est aussi à la base des nombreux accidents. A la vérité, seule la volonté politique peut tout régler. La sensibilisation n’a que trop duré. Il est temps de sanctionner comme il se doit le policier qui refuse d’être intègre en se laissant corrompre.

C’est le moment de retirer pour un bon temps, le permis de conduire à un mauvais chauffeur, en lui infligeant une lourde amende et d’exiger l’amende imposée à un usager de la route en état d’ivresse ou en possession d’un téléphone portable à l’oreille, de punir les conducteurs qui pratiquent l’excès de vitesse, pourraient obliger les réfractaires aux normes en vigueur, à la discipline. C’est possible, si les autorités se donnent les moyens de créer l’Ivoirien nouveau.

Ouattara A. Karim
L’Expression

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