Permis de conduire : La vérité qu’on cache aux Ivoiriens

En attendant de voir le contour de tout le système du permis de conduire, le chef de l’Etat, Alassane Ouattara, a pris la décision de suspendre la mesure du ministre des Transports, Gaoussou Touré. Pourquoi une suspension et non une annulation ?

Très attendu à la fête de travail, le président de la République a répondu à l’appel de ses concitoyens en annulant purement et simplement certaines décisions impopulaires. « J’ai aussi regardé de plus près l’opération de renouvellement des permis de conduire, initiée dans le cadre de la réforme du secteur des transports. Ma conviction est que la réforme des permis de conduire ne devrait pas viser tous les conducteurs », a indiqué le chef de l’Etat.

Pour Alassane Ouattara, il faut certes engager des réformes parce qu’il n’est pas bon de dire que le permis doit âtre acquis à vie. Mais il y a un certain nombre de décisions à prendre pour rendre notre système de délivrance des permis moderne.

Tout en indiquant qu’il a eu son premier permis de conduire à l’âge de 19 ans lorsqu’il était aux Etats-Unis, le chef de l’Etat s’est demandé « Pourquoi renouveler un permis qui n’a pas encore 10 ans ». Cette opération de renouvellement avait suscité des vagues de mécontentements à travers les réseaux sociaux, rappelle-t-on.

Ce que l’opinion nationale et internationale ignore certainement, c’est qu’en Côte d’Ivoire, il y a trois types de permis en circulation. Il y a d’abord les permis de conduire ‘’trois volets’’ de couleur rose qui n’ont pas de traces dans les fichiers du ministère. Ensuite, les permis ‘’cartes de crédit’’ de couleur orange blanc et vert et enfin celui de couleur rose en circulation depuis la réforme initiée en 2014.

A travers le renouvellement de ces trois type en cours, le ministre des Transports a compris la nécessité d’uniformiser la présentation de ce document et sortir de cette multitude de types du permis de conduire qui circulent aujourd’hui.

Parce que la Côte d’Ivoire qui se veut un pays émergent à l’horizon 2020, ne peut pas avoir dans la circulation, trois formats et de couleur de permis. D’ailleurs, c’est à la demande de la Banque mondiale que cette réforme a été engagée.

Parce que l’institution de Bretton Woods a constaté de nombreux dysfonctionnements dans le milieu du transport ivoirien. Or ce secteur étant vital dans le processus du développement d’un pays, il était important de le réformer pour l’adapter au contexte mondial.

A la question de savoir pourquoi les usagers devraient payer pour se faire changer leur permis de conduire, Gaoussou Touré a indiqué que le montant de 10 100 FCfa indiqué représente le coût de production de la carte avec la nouvelle puce qu’elle contient contre 25 000 FCfa que prélevait l’ancien opérateur.

Selon le ministre des Transports, l’Etat a aussi consenti un autre effort en acceptant de renoncer au montant de 5000 F Cfa que prévoyaient les textes pour l’authentification du permis de conduire.

D’après nos sources proches du palais présidentiel, le président de la République devrait se prononcer sur cette question à l’occasion du conseil des ministres de ce mercredi 11 mai. Parce que l’Etat doit soit subventionner ce renouvellement ou au cas contraire, le gouvernement cautionnera, de facto, un désordre dans le milieu.

A ce jour, il est à noter que depuis le début de cette opération, près de 200 000 permis de conduire ont été renouvelés sur un chiffre total de 550 000 produits dans les Centres de Gestion Intégrée.

Le nombre de centres de gestion intégrée passera cette année de 21 à 30 pour mieux se rapprocher des usagers de l’intérieur du pays. L’assainissement et la mise sous vidéos surveillance des centres d’examens viendront compléter les mesures déjà prises, souligne-t-on.

Source : Le Mandat

Partagez cet article