Pièces de rechange : les prix ont encore flambé

En matière de prix des pièces de rechange, rien ne change : en 2018, comme l'année précédente, la plupart des constructeurs ont eu la main lourde. La preuve...

Vers l'inflaaation et bieeen au-delà ! Alors que l'indice des prix à la consommation a augmenté de 1,8 % en 2018, celui des pièces automobiles a, lui, bondi de 2,66 % ! Et si on rembobine sur quatre ans, on a encore plus l'impression de s'être fait embobiner : tandis que l'inflation cumulée n'a été que de 3 %, celle du prix des pièces a atteint les 8,5 % ! C'est l'un des enseignements de la dernière édition de l'étude du SRA, l'organisme de statistiques des assureurs qui suit, année après année, les évolutions tarifaires d'un panier type de pièces d'origine constructeur. Un indice que ces derniers ne contestent pas, et qui permet aux assureurs de justifier, en partie, les hausses annuelles de leurs primes. Non seulement à cause du prix des pièces, donc, mais aussi de la main-d'œuvre carrosserie (+ 2,5 % en 2018) et de la peinture (+ 3,2 %). Bref, dans la réparation automobile, tout augmente, ma bonne Lucette...

+11,8% en 3 ans !

Pire, un second indicateur, mis en place par le SRA depuis trois ans, s'emploie, lui, à mesurer l'évolution du "coût" des pièces de rechange. La différence ? Alors que l'indice "prix" suit l'évolution d'un panier de pièces à modèle de véhicule constant, celui du coût prend en compte la pénétration des nouveaux modèles sur le marché et les variations de prix et du nombre de pièces lors des changements de génération. Or, on le sait, la surenchère technologique et esthétique sur les autos actuelles (optiques ultratravaillées, multiplication des capteurs...) se paye au prix fort lorsque ça tape. Résultat : le coût des pièces estimé parle SRA a bondi de 4,63 % en 2018. Et de 11,8 % en trois ans !

Mais, au fait, les constructeurs jouent-ils tous le même jeu de la surenchère ? Voire, certains d'entre eux se seraient-ils entendus pour augmenter leurs prix de concert, comme le soupçonne la Direction générale de la concurrence de la Commission européenne qui, selon Mediapart, vient d'ouvrir une enquête ? Nous ne tenterons pas de répondre à cette dernière question ici... En revanche, ce que nous pouvons affirmer, c'est que si la plupart des constructeurs ont la main lourde, tous ne jouent pas non plus dans la même cour.

Vingt-trois constructeurs sur le grill : de -3,3% à +9,9%

Les variations des prix des 23 constructeurs sont calculées par le SRA à partir d'un échantillon de 200 véhicules (contre 187 en 2017) et d'un panier de 50 à 60 pièces de rechange neuves d'origine constructeur (toutes, mécaniques ou de carrosserie, pouvant être endommagées en cas de collision). Une pondération est, en outre, appliquée en fonction de l'importance du parc accidenté et de la fréquence de remplacement de chaque élément.

Notre palmarès se base sur le coût des pièces, qui prend en compte les nouveaux modèles (et les pièces ad hoc) arrivés sur le marché en 2018. Sachant que l'inflation a été, l'an dernier, de 1,8 %, voyez où se situe chaque constructeur : 

Skoda : -3,3%

Hyundai : -2,7%

Suzuki : 0%

Honda : +1,6%

Kia : +1,6%

Toyota : +1,7%

Seat : +1,9%

Volvo : +2,1%

Dacia : +2,7%

Mazda : +3,4%

Renault : +4,1%

Opel : +4,6%

Peugeot : +4,6%

Nissan : +4,9%

Volkswagen : +5,1%

Mercedes : +5,2%

Audi : +5,3%

Citroën / DS : +5,7%

BMW : +5,9%

Fiat : +5,9%

Alfa Romeo : +6,5%

Ford : +8,8%

Mini : +9,1%

> Mention spéciale pour Skoda : non seulement, c'est celui qui a été le moins gourmand en 2018, mais également sur les trois dernières années (-1,3%). Saluons, en outre, l'appétit frugal de Suzuki et, surtout, de Skoda.

> Honda, Kia, Toyota, Seat et Volvo sont sur un même bateau : tous naviguent dans les encablures de l'inflation.

> Avec +4,1% pour Renault (et +2,7% pour Dacia), +4,6% pour Peugeot, +5,7% pour Citroën / DS, les constructeurs français sont en ligne avec leurs hausses passées (en trois ans, le coût de leurs pièces a bondi de 10,5 à 14,6%). Pour leur défense, les évolutions de style de leurs récents modèles ont pu entraîner un enchérissement du tarif de certaines pièces visibles. 

> Après deux années "sages", Nissan, Volkswagen, Mercedes, Audi, Fiat et Alfa Romeo ont enclenché la seconde : l'an dernier, ils se sont lâchés avec des hausses de 4,9 à 6,5%. 

> Pas plus gourmand que Fiat en 2018, BMW fait en revanche très fort sur trois ans avec une augmentation cumulée de 19,7%. Soit presque autant que Mini et ses... +23% ! Circonstances atténuantes avancées : le groupe affirme que les tarifs de ses pièces suivies par le SRA restent souvent plus bas que ceux de la concurrence ; que ses véhicules sont de plus en plus dotés d'équipements coûteux, et que ses méthodes de réparation le rendent compétitif en matière de coût de la main-d'œuvre. Enfin, terminons avec Ford et ses +8,8% (et +17,6% sur trois ans). Début d'explication : ces dernières années, le constructeur a massivement équipé ses modèles de systèmes de sécurité coûteux.

Source: autoplus.fr

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