Transport / Enrichissement Illicite : Des chefs de guerre prennent en otage le secteur des transports

Les extorsions de fonds dans le milieu des transports ont la peau dure. regards croisés sur des pratiques à visage découvert. Sous d’autres cieux, l’on dira quel sacrifice faudra-t-il aux autorités ivoiriennes pour exorciser ‘’la malédiction’’ qui s’abat sur le secteur des transports.

Un domaine que des individus ont pris en otage en y introduisant un système de collecte de fonds. cette pratique dure depuis longtemps. Tout le monde la dénonce, mais jamais l’on n’a songé à y mettre définitivement fin.

Dans le district d’Abidjan, personne n’est épargné par le comportement de ces pseudo syndicalistes qui règnent en maîtres dans le transport : violences sur les transporteurs et assimilés avec parfois mort d’hommes.

Leurs proies prisées, ce sont les conducteurs de taxis communaux ou wôrô-wôrô et de minicars communément appelés ‘’gbaka’’. A qui, ils imposent des taxes donnant lieu à une autorisation de circuler dans un certain nombre de quartiers ou communes du district d’Abidjan.

Sans oublier que chaque chargement est soumis à l’acquittement d’une autre taxe qui varie selon le type de véhicule. Si dans certaines communes, des maires ont préféré assister impuissants à ces pratiques qui, pourtant, amenuisent les pouvoirs d’achat des populations, tel n’est pas le cas d’autres qui ont décidé de combattre le phénomène.

A cocody, le premier magistrat, N’gouan Aka Mathias, a pris le taureau par les cornes. Par un arrêté, il a interdit, entre autres, les gares des taxis banalisés. mais sur le terrain, le combat est loin de d’être gagné.

Désormais, au lieu d’avoir une gare, les véhicules sont stationnés le long des routes, sous le regard impuissant des forces de l’ordre. Le carrefour ‘’La Vie’’ en est un des exemples palpables de la bravade de ces syndicats à l’autorité municipale. Ils semblent disposer de toutes sortes de moyens.

Au vu de ce qui se fait,l’on se demande parfois s’ils ne bénéficient pas d’un ‘’parapluie’’ au niveau de certaines instances de décisions. mais toujours est-il que ces syndicats ne travaillent pas seuls. Le rôle Des chefs de guerre des anciens commandants de zone dont certains ont intégré l’armée régulière ont encore la mainmise sur le secteur des transports.

De par leur influence, ils imposent des hommes sur le terrain à charge de collecter des fonds auprès des conducteurs de véhicules de transport en commun.

La problématique de l’implication des anciens commandants a même fait l’objet d’enquête de la part de l’onu qui s’inquiète de l’utilisation faite des fonds indument collectés auprès des automobilistes qui avoisinent, en moyenne 34 milliards de Fcfa par an.

«L’extorsion de fonds est pratiquée dans le réseau des transports publics d’Abidjan. Ce secteur est essentiellement informel et les véhicules les plus communément utilisés sont des minibus de 14 à 32 places appelés «gbaka» et des voitures de 4 à 8 places appelées «wôro-wôro». Ils représentent ensemble environ 67 % du transport motorisé à Abidjan », estiment les enquêteurs de l’onu.

Ces extorsions de fonds sont souvent faites sur la base de certains documents ne reposant sur aucune base légale. Un des cas répertoriés par les experts de l’onu, a été celui de Hien Sansan Ludivic, un bras droit d’un commandant en activité.

Avec le soutien de celui-ci, le sieur Hien a conclu des clauses de contrat lui permettant de collecter illégalement des fonds auprès des transporteurs. « Des éléments armés ont recours à la coercition et à l’intimidation pour forcer les passagers à se plier à leurs exigences. Le Groupe note que le racket dans les gares routières d’Abidjan-Sud représente 50 millions de francs Cfa (environ 100 000 dollars) par mois», dénoncent les experts. Qui notent que ces extorsions de fonds sont encouragées par des bras séculiers d’anciens commandants de zone.

Mais à quoi servent ces millions de Fcfa qui sont engrangés chaque jour ? ‘’Est-ce de l’argent qui rentre dans des réseaux mafieux ?’’ en tout cas, les décideurs ont intérêt à y voir de près.

Afin que des mafieux ne se servent pas de ce réseau juteux. Surtout à une période où le gouvernement s’emploie à respecter des engagements pris visà-vis de la communauté nationale et internationale en matière de lutte contre la corruption sur toutes ses différentes formes.

Honoré KOUASSI
Source Le SurSaut

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