Transport, les anciens prix reviennent !

Ils ont fini par donner raison à tous ceux qui ne croyaient nullement en eux Lorsque le Haut Conseil du patronat des entreprises de transport routier (HCPETR) de Côte d’Ivoire annonçait la baisse des prix du transport à partir du 1er août, beaucoup d’Ivoiriens étaient sceptiques quant à l’application effective de cette mesure.

Pour eux, vu le désordre flagrant qui règne dans le secteur du transport, un monde sans foi ni loi, ils accordent peu de crédit à l’annonce faite par Ibrahim Diaby, président du HCPETR, arguant pour certains avec cette boutade : «Avec ceux-là, on ne sait jamais. On attend de voir».

Et, à la grande surprise, le 1er août, les nouveaux tarifs étaient, à 80%, appliqués dans les différentes gares routières. Ce qui a fait à dire à certains, que pour la première fois, les transporteurs tenaient parole. Mais, deux semaines plus tard, c’est la déception totale.

Que constate-t-on ? Simplement que les anciens tarifs reviennent progressivement. Ainsi, le trajet Adjamé – Marcory, qui était passé à 450 FCFA, est revenu subitement, sans aucune explication plausible, à 500 FCFA, l’ancien prix.

Preuve flagrante encore que le «décret» du HCPETR a été déchiré depuis belle lurette, la Mutuelle générale des chauffeurs professionnels de la CEDEAO (MUGPC-CEDEAO) exerçant sur l’axe Noé (frontière Côte d’Ivoire-Ghana)-Treichville gare de Bassam, a décidé, via une circulaire, de rétablir depuis le lundi 15 août les anciens prix, en replaçant les 50 FCFA qui avaient été enlevés.

Conséquence : la ligne Gonzagueville (Port-Bouët)- Gare de Bassam (Treichville) repasse de 250 à 300 FCFA. Ces chauffeurs expliquent cette volte-face par le refus de leurs employeurs de revoir à la baisse le montant de la recette journalière qui est, en moyenne, de 18 000FCFA.

Aussi avancent-ils, comme argument, la non diminution de deux « taxes » qu’ils paient dans les gares routières, à savoir la prime de stationnement qui est de 2000FCFA/jour et les 1500 FCFA à chaque chargement.

Pourquoi n’ont-ils pas posé ces préoccupations sur la table du HCPETR, avant l’entrée en vigueur de la diminution des prix du transport le 1er août dernier ? A l’analyse, cette situation, pour le moins cocasse, met en lumière l’insolente anarchie qui règne dans le milieu du transport, où il n’y a aucune règle, du moins s’il y en a, personne ne la respecte.

En définitive, un constat affligeant se dégage : le HCPETR ne contrôle pas vraiment ce secteur, contrairement à l’impression qu’il veut donner. Avec ce désaveu des chauffeurs professionnels de la CEDEAO, cette structure perd tout crédit, aux yeux des usagers du transport. Et si tout ça n’était qu’une grosse plaisanterie...de mauvais goût !

Y. SANGARÉ
Source : Le Patriote

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