Transport / Reprise des activités des gnambros à Cocody - Les chauffeurs de taxi communaux marquent leur désappointement

La Commune de Cocody, il y a quelques mois, était citée en modèle pour l’organisation mise en place au niveau du transport communal. Mais depuis plus d’un mois, la Mairie semble avoir relâché dans ses actions. Et les chauffeurs qui en étaient les plus grands bénéficiaires en souffrent.

Le retour en force des syndicats et des entremetteurs communément appelés « Gnambros », au su et au vu des autorités communales, en serait la cause. Au grand dam des chauffeurs qui sont contraints, à nouveau, de payer toutes sortes de taxes.

Nous avons rencontré Alain.F qui est chauffeur de taxi communal de Cocody. « Nous sommes à nouveau livrés à la merci des syndicats, condamnés à leur verser de l’argent », dit-il, dépité. Plus explicite, il indique ce qui suit : « A chaque chargement, nous payons au moins 50 F Cfa. En plus, nous payons 700 F Cfa pour le droit de ligne. Une autre taxe de 100 F Cfa nous est exigée pour le droit de surveillance. Nous vivons au gré de leurs humeurs », explique-t-il.

Effectivement, il n’y a qu’à faire la ronde des différentes gares de taxis communaux pour voir les syndicats par groupe de trois ou quatre en train de numéroter les immatriculations des véhicules pour certains, et collecter leurs « taxes » pour d’autres.

Avec la même insistance et pression qu’on leur connaît, ils rançonnent les chauffeurs qui s’exécutent à contre cœur. Du côté des représentants des syndicats, l’on estime que c’est tout simplement justice qui leur est faite en les autorisant à reprendre leurs activités. « Les choses n’ont jamais changé. La Mairie a juste voulu voir clair dans les choses. Elle s’en est imprégnée et s’est rendu compte de la justesse de notre activité. Nous créons des gares et ils viennent y exercer. C’est illogique de leur part de ne vouloir rien reverser tout de même. En plus, quand ils ont des problèmes avec les forces de l’ordre, nous intervenons. Et ils le savent bien», affirme, pour sa part, un membre des syndicats.

Pour lui, il faut plutôt appréhender le problème sur le plan social. « Ceux que l’on appelle ici ‘’gnambros’’ sont des jeunes gens que nous insérons tant bien que mal dans le tissu social. C’est du travail que nous leur offrons ainsi, car chacun rentre les soirs avec de l’argent. Cela, naturellement, évite de grossir les rangs des bandits et autres phénomènes de microbes », justifie un autre responsable de syndicat.

Les chauffeurs, pour leur part, espèrent que de la Mairie de Cocody va revenir sur sa décision, celle de mettre un frein aux activités desdits syndicats qui grignotent régulièrement leurs recettes.

Vincent Boty
Source : Le Mandat

Partagez cet article