Transport terrestre/ Pléthorique syndical, multitude de gnambros... : Voici les vraies plaies du secteur

Le constat ne souffre d’aucune ambigüité. Ils font saigner le milieu du transport terrestre. Et par ricochet, tous ceux qui y ont des intérêts. C’est la quasi-totalité de la chaine du transport, notamment les syndicats, les chauffeurs, les gnambro, et tous ceux qui interviennent dans un garage dont les mécaniciens, les peintres, les tôliers.

Tous font subir de terribles calvaires aux transporteurs, c’est-à-dire ceux qui ont injecté des millions dans les engins roulant. Leur nombre pléthorique (plus de 300) pour les syndicats et des milliers pour les gnambro, est gênant.

De visu, ils apparaissent comme les ‘’magnans’’, du secteur. Ce sont des prédateurs qui se sucrent sur le dos des transporteurs. Disséminés sur toute l’étendue du territoire national, avec un point d’honneur au niveau d’Abidjan, les syndicats, ne laissent rien passer dans le secteur.

Prétendant agir pour la défense des syndiqués, certains d’entre eux n’en ont même pas un seul. Et pourtant, dans ce qu’ils appellent la rotation, ceux-ci ont des jours de travail, sinon des jours de racket. Puisque, logiquement, celui qui n’a pas de syndiqués, ne doit pas avoir de jour de travail, et ne saurait donc être inscrit sur la liste rotative.

Mais malheureusement, c’est cet amer constat qui nous est donné de voir. Et c’est ce qui crée les palabres à n’en point finir. Mathématiquement, le calcul est simple : Il faut combien de véhicules roulant pour pouvoir satisfaire plus de 300 syndicats ?

Or, ces syndicalistes n’ont d’autres occupations que l’activité syndicale. En plus, ils roulent dans de grosses cylindrés et vivent dans un luxe insolent. Tout cela, sur le dos de ceux qui ont injecté des millions dans leurs affaires. La manne se recueille de force, par ceux qu’ils appellent les ‘’généraux’’, qui ont des éléments sur le terrain.

Postés à tous les carrefours du District d’Abidjan, ces éléments sont astreints à une obligation quotidienne de résultat : Ramener X F / jour. Et s’ils n’atteignent pas le seuil, ils se voient remonter les bretelles par les ‘’généraux’’, qui sont tenus d’impérativement rendre compte à leurs supérieurs hiérarchiques, c’est –à-dire les chefs syndicats.

D’où l’une des vraies origines des fréquentes bagarres à la machette dans les gares. De plus en plus, ces bagarres se déportent au niveau des carrefours où sont postés les ‘’éléments’’. Quant aux ‘’gnambro’’, généralement ils opèrent dans l’enceinte des gares.

A l’origine, ce sont de jeunes gens désœuvrés, se promenant à longueur de journée. Ils donnent un coup de main aux conducteurs, en vue de charger leur véhicule, moyennant des pourboires. Petit à petit, ils ont fait passer cette pratique en obligation.

Du coup, ils constituent à ce jour un os dans la gorge de leurs bienfaiteurs d’hier, c’est-à-dire les chauffeurs. De nos jours, les ‘’gnambro’’ sont nombreux, et sévissent dans toutes les communes du District d’Abidjan. C’est un vrai fléau qu’aucun ministre n’a encore pu affronter de face.

On ne sait pas pour quelle raison. Et pourtant, ils le savent tous. Si dès sa nomination, le ministre Touré Gaoussou a voulu s’attaquer au fléau du syndicalisme duquel émane tous les autres maux, force est de reconnaitre qu’il a buté sur une opposition, et une fermeté catégorique des caciques.

Il a reculé. Dès lors, la cause était perdue. Et plus que jamais, les syndicats sont devenus forts. Requinqués, ils apparaissent à ce jour comme les vrais maitres du secteur. C’est une vraie gangrène.

Le manque de formation des chauffeurs

Il faut le dire tout net. Les chauffeurs ne sont pas formés. L’obtention du permis de conduire se fait dans des conditions douteuses, sans formations rigoureuses.

En effet, rares sont les chauffeurs qui maitrisent et appliquent le code de la route. Les dépassements hasardeux et risqués, le non respect des feux, les vitesses à tombeaux ouverts, le tout couronné par d’innombrables accidents, attestent que les conducteurs manquent cruellement de formation.

Mais à qui la faute ? Certainement à la tutelle qui reste toujours dans le dilemme. Faut-il continuer à donner la carotte ou brandir le bâton. En plus, la quasi totalité de ces conducteurs, sont très jeunes, donc insouciants .

Que ce soit sur les gbakas d’Abobo, ou ceux de Yopougon et autres, force est de reconnaitre que la plupart des conducteurs, ont moins de vingt cinq ans, et n’ont donc pas la formation et l’expérience nécessaires pour conduire un de transport en commun.

Insouciance des animateurs de garages

Elle constitue l’une des vraies plaies du secteur du transport terrestre. Des mécaniciens aux tôliers, en passant par les peintres, tous sont animés d’une insouciance notoire. Il suffit d’y faire un tour pour s’en apercevoir.

A longueur de journée, ce sont des altercations à n’en point finir. Pour la simple raison qu’aucun travail à leur confié ne finit dans le temps imparti. Et chaque fois, ce sont des propos contradictoires qui sont avancés. Par exemple un tôlier qui doit intervenir sur un véhicule ne respecte pas le delai et fait défiler le propriétaire de l’engin.

Pour la simple raison qu’il a accumulé les travaux du même genre. Idem du coté des mécaniciens et peintres. Ils accumulent les travaux et mettent tous les propriétaires en retard.

Généralement, le travail ne se fait pas normalement et correctement. Tout se fait avec légèreté et le désordre notoire. En réalité, ils constituent les premières causes des accidents qui endeuillent les familles. Parce que rien n’est fait avec sérieux, conscience et dévouement.

On se presse pour satisfaire tout le monde et en fin de compte, on déçoit tout le monde. C’est un éternel recommencement avec les mêmes proportions de dépenses. D’où les échecs alarmants du secteur. Car vu tous ces désagréments, il faut avoir les reins solides pour résister dans le secteur.

Dommage, pour un secteur qui brasse des milliards par an, et qui détient le plus gros contingent d’employés du secteur des petites et moyennes entreprises (Pme). Rien qu’à cause de cette donne, les autorités doivent chercher à y mettre de l’ordre, en le sortant de l’informel.

Koné Seydou
Le Nouveau Navire

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