Transport urbain : Plus de taxis-compteurs à Abidjan

En vue de lutter efficacement contre la cherté de la vie, le Ministère du Commerce a institué, en avril 2015, la certification des taxis ‘’Conforme’’ qui présentent des avantages pour le consommateur.

Malheureusement, cette mesure est contournée aujourd’hui par les chauffeurs qui ont ‘’décrété’’ qu’il n’y aura plus de compteurs à Abidjan.

Depuis deux ans, les Abidjanais ont vu émerger une catégorie de taxis-compteurs reconnaissables par un autocollant vert sur un fond blanc. Ceux-ci ont été paramétrés en vue de permettre aux clients (consommateurs) de payer ‘’juste et sûr’’.

Dans les courses, la prise en charge est de 100 francs avec une pulsion de 40 francs toutes les 60 secondes ou tous les 250 mètres. Une disposition qui est totalement en faveur du client qui payait, jusque-là, cher en privilégiant les ‘’arrangements’’.

Ainsi, pour une distance qui revient à 2000 F par arrangement, le client paie aujourd’hui 1200 voire 1300 F à partir des taxis stickés ‘’conforme’’.

Résultat, les chauffeurs ne veulent plus mettre en marche les compteurs des taxis ‘’conforme’’ qui ne les arrangent guère lors des courses.

«Dans l’ancien système, les compteurs sont réglés et plombés par les ateliers de pose avant d’aller à la visite technique. Une fois la visite terminée, le chauffeur revient pour accélérer (truquer) le compteur. Avec le nouveau système, aujourd’hui, ce n’est vraiment plus possible de truquer», regrette un chauffeur rencontré le week-end dernier dans la Commune de Cocody.

A en croire notre interlocuteur, la Sicta règle, ellemême, le compteur avant de le sceller avec un cadenas noir ou orange. « Après la visite technique, on ne peut plus couper le plomb et accélérer comme par le passé. D’où l’autocollant ‘’conforme’’ sur les taxis. Or, cela n’arrange pas les chauffeurs que nous sommes si nous mettons le compteur d’un tel véhicule en marche ; parce que le client paie deux fois moins cher, pour une course qu’on pouvait facturer au double par arrangement», se plaint un autre conducteur qui affirme avoir abandonné le compteur au bénéfice des arrangements.

« Moi, je refuse de mettre mon compteur en marche quand le client me le demande. Je lui dis que le compteur horokilométrique est en panne. Je propose toujours ‘’l’arrangement’’ qui me fait gagner. Mais si le client insiste pour que je mette le compteur en marche, je ne le prends pas », soupire-t-il avant de se convaincre que le taxi-compteur existe, désormais, que de nom.

De ce qui précède, l’on est en droit de soutenir que l’avènement des taxis ‘’conforme’’ est devenu toute la misère morale des chauffeurs de taxis-compteurs à Abidjan.

C’est pourquoi ceux-ci usent de subterfuges pour contourner ce système sécurisé qui est à l’avantage du client dans un contexte de renchérissement du coût de la vie.

En effet, lorsque le client exige de mettre en marche le compteur, certains chauffeurs malhonnêtes n’hésitent pas à activer la double tarification à son insu.

Bref, les intérêts des chauffeurs de taxis certifiés ‘’Conforme’’ et ceux des usagers sont divergents, simplement parce qu’il a manqué une grande communication autour ce de nouveau système visant à mettre fin à la fraude. Alors, il faut passer à la phase repressive.

G. De Gnamien
Source : Le Mandat

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