Transport urbain : Quand l’anarchie devient une règle

Il suffit de se rendre dans l’une de nos gares routières pour comprendre tout le désordre qui règne dans le milieu du transport.

Dans ce secteur d’activité, les gros bras font la loi. Cachés sous le vocable syndicats, ils extorquent de l’argent aux usagers et aux professionnels en toute impunité sous le regard complice des autorités.

Parler du transport urbain ivoirien, c’est ouvrir la boite de Pandore avec tous ses maux. Depuis plus d’une décennie, l’Etat ivoirien ne cesse de prendre des mesures pour assainir le milieu du transport.

Mais à chaque fois, au lieu d’avoir l’effet escompté, ces décisions créent un bon nombre de désagréments. Une mare insalubre dans laquelle pataugent, colère, désagrément, anarchie, violence, conduite non règlementaire, surfacturation.

Bref, un chapelet de récriminations à l’encontre de ce secteur qui de plus en plus se fait remarquer de manière négative. Depuis quelques années, le secteur du transport a subi une métamorphose importante au point de devenir un milieu qui échappe à tout contrôle de la part des autorités en charge de sa réglementation.

Et plus les années passent, plus ce secteur d’activité essentiel pour le développement de tout pays devient une véritable jungle dans laquelle chauffeurs et syndicats se livrent parfois une guerre fratricide.

Dans cette atmosphère surchauffée, une autre entité est venue se greffer. Il s’agit des ‘’gnambros’’, ces jeunes gens qui occupent les carrefours et les gares parfois improvisées pour aider les chauffeurs à charger leurs véhicules.

LE NON-RESPECT DU CODE DE LA ROUTE

Certainement les moins violents et peut-être les moins indexés par les populations. Cependant les chauffeurs ont un rôle important dans le désordre qui sévit dans ce milieu.

Au volant de leur véhicule, ils sont les champions de la mauvaise conduite et des stationnements interdits.

En plus du non-respect du code de la route, ils sont passés maîtres dans l’augmentation du coût du transport lors des embouteillages ou aux heures de pointe.

Il faut aussi noter à ce niveau qu’aujourd’hui il n’existe pas une véritable règlementation du transport urbain. D’autant plus que n’importe qui peut s’ériger en transporteur.

A preuve, les taxis banalisés qui livrent une concurrence déloyale aux taxis compteurs. Une autre forme d’anarchie qui s’est enracinée dans ce secteur.

Les différentes grèves qui ont eu lieu sans que cette situation ne trouve solution auprès des autorités compétentes montrent le manque d’organisation qui règne dans ce milieu.

L’IMPACT DES SYNDICATS ET GNAMBROS

Passés maîtres dans l’art de la violence, les syndicats de transporteurs sous nos cieux jouissent d’une triste célébrité.

Le transport ivoirien est miné depuis belle lurette par le phénomène des syndicats et autres chargeurs communément appelés « gnambros », qui ont pris le secteur en otage.

Comme une vraie mafia, ces personnes indésirables ont la mainmise sur toutes les activités du transport terrestre. Surtout le transport urbain, tant à Abidjan que dans les villes de l’intérieur.

Ces syndicats, comme ils aiment se faire appeler, ont créé des gares un peu partout dans la capitale économique. Des lieux où ils rançonnent les chauffeurs.

Omniprésents à presque tous les grands carrefours transformés en gares, les syndicats se livrent au racket systématique des chauffeurs et même parfois des usagers, au vu et au su des autorités. Créant ainsi une anarchie dans ce milieu. Parfois ce sont des bagarres et des morts qui sont enregistrés.

Ce qui donne l’impression que l’Etat est impuissant face aux désordres que les gnambros font régner dans Abidjan. « Leur toile de mafieux est tellement bien tissée que les syndicats et gnambros défient impunément les autorités », déplore un usager des wôrô-wôrô.

Le milieu du transport est donc un univers sans loi ou le désordre a pion sur rue. La conséquence immédiate de cette anarchie est la violence quasi permanente qui obscurcie le secteur pourtant essentiel au développement de la Côte d’Ivoire.

Zika Fils
NCH

Partagez cet article