Traque contre contre les motos et tricycles à Abidjan : La situation sur le terrain

Yopougon, précisément le marché Bagnon, zone réputée de grande circulation des motos et tricycles connaît une ambiance particulière depuis la traque lancée contre les engins à deux et trois roues. Difficile de voir deux ou trois engins de ce type se suivre dans la circulation. Tel est le constat fait mercredi 15 mai 2019.

Plusieurs corps habillés arrêtés le long de la route, dans les environs du marché Bagnon dans la commune de Yopougon avec un sifflet à la bouche, veillent au grain. À la moindre vue d'une moto ou d'un tricycle, le coup de sifflet est donné. Mercredi 15 mai 2019, de passage dans la zone, notre équipe de reportage a pu noter le contrôle rigoureux effectué sur les documents détenus par les propriétaires de ces engins. Certains conducteurs n'ayant pas des pièces réglementaires sont contraints de garer leurs engins et d'engager des discussions avec les agents commis aux contrôles. 

Des femmes venues faire des achats, constatant la rareté des tricycles, lançaient des injures de toute sorte. L'une parmi elles explose de colère : « Déjà avec les maigres dont ont dispose pour faire le marché, lorsqu'on sort de là, il faut désormais emprunter un taxi-compteur, les tricycles étant désormais rare ». Abondant dans le même sens que cette dernière, plusieurs autres femmes déplore les retards auxquels elles sont contraintes de faire face.

Approché, un groupe de jeunes présentés comme des chauffeurs de tricycles, refuse d'engager la discussion avec notre équipe de reportage. L'un d'entre eux balance néanmoins : « Tant qu'on nous traquera, nous allons garer nos tricycles ». Telle est solution trouvée par ces derniers. 

Le ministre des Transports, Amadou Koné, dans un communiqué dont nous avons eçu copie jeudi 2 mai 2019, a invité tous les propriétaires et conducteurs de moto-taxis et tricycles, exerçant de façon illicite, à Abidjan à procéder à l’arrêt immédiat de leurs activités sous peine de voir leurs moyens de transport être mis en fourrière, sans préjudice des amendes et sanctions pénales prévues par les textes en vigueur. Le ministre des Transports, dans ledit communiqué, a rappelé que les activités de transport de personnes ou de marchandises sont soumises à autorisation préalable et à un régime particulier d’assurance. Amadou Koné a demandé, par ailleurs, aux populations du District d’Abidjan de se détourner du mode de transport des moto-taxis pour leur propre sécurité et a engagé les forces de l’ordre à poursuivre les opérations de mise en fourrière.

Suite à ce communiqué, 19 motos et 145 tricycles, soit un total de 364 engins ont été saisis lors de contrôles réalisés à Abidjan et mis en fourrière. Des chiffres dévoilés, mardi 7 mai 2019, par le Commissaire principal de police, Touré Abdul Kader, chargé de la Police spéciale de la sécurité routière (Pssr), rattachée au ministère des Transports. 

Irène BATH

Source: linfodrome

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