Une semaine après l’ouverture de l’autoroute Abidjan-Grand-Bassam : Usagers, riverains et commerçants satisfaits mais...

Depuis près d’une semaine, le chef de l’Etat, Alassane Ouattara, a lors de sa visite dans la région du Sud-Comoé, annoncé l’ouverture de l’autoroute Abidjan - Grand Bassam. Une nouvelle bien accueillie par les populations. Reportage.

Ce dimanche après-midi, Mamadi Touré, chauffeur de mini car, effectuant la ligne Abidjan-Bassam est détendu. Jovial, la trentaine révolue, vêtu d’une chemise pagne de couleur jaune et noire et d’un jean noir, il devise avec quelques chauffeurs, le temps que son apprenti charge son véhicule. A bord du ‘’gbaka’’, ce n’est pas l’excitation des jours non ouvrés qui caractérise les chauffeurs de cette ligne.

Tout calmement, il prend la direction de la première capitale de la Côte d’Ivoire. Serein, il effectue ses manœuvres avec adresse et habileté sur le trajet Abidjan-Bassam. La circulation est fluide, il se faufile entre la file de véhicules pour occuper la voie centrale de la nouvelle autoroute à trois voies dans le sens aller. Notre chauffeur semble ne pas se faire de souci pour rallier la ville de Grand-Bassam.

L’ANCIENNE VOIE DÉSENGORGÉE

Le long de la voie au niveau de Port-Bouët, on peut apercevoir l’étendue de la mer. A 15 h 50 soit 20 minutes plus tard, c’est la statue du footballeur international Max Alain Gradel en tenue traditionnelle qui souhaite la bienvenue à l’entrée de la ville historique de Grand-Bassam.

Selon notre conducteur, l’autoroute est plus empruntée par les véhicules ralliant les villes de Bonoua, Aboisso et Adiaké à Abidjan à partir du carrefour Anani. Toutefois, il reconnaît qu’avec sa mise en service, l’ancienne voie empruntée par les véhicules de cette ligne de transport est désormais désengorgée.

«Nous n’avons plus d’encombrement les week-ends, par le passé, tous les véhicules empruntaient l’ancienne route, mais maintenant la voie est dégagée», salue-t-il.

A en croire, Ousmane Ouédraogo, un autre transporteur, rencontré un peu plutôt à Treichville, la nouvelle voie ouvre un meilleur confort. «On roule maintenant sans secousse», apprécie-t-il. Et d’ajouter que le temps du trajet a aussi été raccourci. «En 20 minutes, nous rallions Abidjan-Bassam avec l’autoroute contre 40 voire 45 minutes par l’ancienne route».

Cependant, notre interlocuteur dit attendre la saison des pluies pour mieux juger la qualité des travaux. Surtout, précise-t-il, que l’ouvrage est dans une zone marécageuse. Assis sur la glissière au carrefour de Mossou, Nogbo André et Wognin Joseph, deux quinquagénaires résidant à Moossou, se réjouissent de ce que la circulation soit devenue plus fluide. A en croire nos interlocuteurs, cette voie est un raccourci pour les habitants de Moossou.

DES LAMPADAIRES ET UN CENTRE DE SECOURS RÉCLAMÉS

Bien que satisfait de la nouvelle voie, qui selon lui, va réduire le nombre des accidents sur l’ancienne route, Pango A., de retour de Bonoua à bord de son véhicule en compagnie de sa famille, déplore le manque d’éclairage le long de l’autoroute.

Certes, «les autorités ont bien réfléchi sur ce coup. Mais pourquoi ne pas, à l’image de l’autoroute de Yamoussoukro, aménager un centre de secours», préconise-t-il.

Les commerçantes du carrefour de Moosou, quant à elles, affirment se frotter les mains depuis l’ouverture de la nouvelle route. Entre deux courses-poursuites, pour rattraper les véhicules et proposer sa marchandise, Mahizan Effoua, les bras chargés de diverses marchandises, affirme avoir doublé ses recettes. «Depuis l’ouverture de l’autoroute, les affaires marchent bien. Je fais une recette de 30.000 francs par jour. Ce qui n’était pas évident par le passé», révèle-t-elle, le sourire aux lèvres.

Ahua K & ELF (stagiaire)
Source : Nord Sud

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